Archives de Catégorie: récits romancés

le fou rire partie 1

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Il était une fois, une princesse qui vivait heureuse. Heureuse car sur terre rien ne lui manquait. Tout ce qu’elle désirait elle l’avait, car finalement peu de chose elle enviait. Et même ce qui lui manquait n’avait que peu d’importance. Evidemment, puisqu’au fond d’elle, résonnait un chant immense. Celui de l’amour pur et simple. D’un simple sourire, elle égayait ses journées. Elle était jeune.  Son sourire rayonnait, sa colère surprenait.  Il lui arrivait de sortir de ses gongs, malgré sa douceur innée. Elle s’affolait de constater que le monde ne vivait pas comme elle le concevait. Elle y voyait malices, perfidies, mensonges, calomnies, tromperies et que sais je encore.

Elle s’est alors enfermée dans une tour d’ivoire, priant jour et nuit de trouver son âme sœur. Elle l’appelait. Elle était en paix désormais de savoir, que l’écho qui résonnait en elle, parviendrait à sa destinée.  Un beau jour, voici quelqu’un arrivé, par un détour, et trouva la tour. Fût intrigué par l’étrangeté de cette présence soudaine. Il monta et trouva cette belle âme. En fût touché. Il l’attrapa et la garda comme un trésor. C’était un roi. Il ne possédait pas grand-chose, mais tout ce qu’il avait, il le lui donnait. La servait du mieux qu’il pouvait. Mais de jour en jour, l’état de santé de la princesse se dégradait. Elle qui savait rire pour le roi, s’enfermait dans sa tour pour chanter seule. Elle qui ne pouvait vivre loin de ses yeux, ne s’inquiétait plus lorsqu’il partait en guerre contre de quelconque ennemis. Elle qui aimait tant bavarder, ne s’adressait plus qu’aux oiseaux qui se posait à sa fenêtre.

Le roi se désolait mais ne comprenait pas ce changement radical. Il pensait faire preuve de patience, en continuant à vivre normalement, la gratifiant toujours de plus de cadeaux. Mais rien n’y fait, la princesse tomba malade. Et dans sa maladie, ne cessait de regarder le ciel. Son âme alors se mit à voler. S’évader de cette prison doré, la voilà qui partait voyager. Au début, elle ne s’aventura pas plus loin que la frontière du royaume. Elle restait là devant, à contempler l’horizon, avide de connaitre se qui se trouvait au-delà des contrées sacrées. Mais tout ceci était interdit, et son âme retournait peinée au château. Elle continua ses va et vient pendants plusieurs mois, sans que personne ne s’en souciait. Le roi, par son balcon la surveillait, triste et quelque peu découragé, mais ne bronchait point.

Un jour, l’âme de la princesse était là, à son habitude, contemplant l’immensité, les yeux perdus. Soudain dans ce silence imposant, résonna un cri dont nul ne sût sa provenance. L’âme en fût toute bouleversée. Son cœur se mit à palpitée. Retentit en son cœur un écho qu’elle avait oublié. Prise de tremblements elle rentra au château. Fiévreuse et alitée, la princesse ne cessait de pleurer. Le roi chagriné fît appel aux plus imminents et intelligents médecin du royaume. Mais lorsqu’ils ressortirent de la chambre de la malade, leur visage était sombre. Ils ne savaient point quel mal rongeait la princesse. Le roi se lassait de voir sa femme dans un tel état, il se sentait désœuvré.

Un soir, pourtant malgré les maux et la fièvre, la princesse se leva. Péniblement elle enfila un voile qui la couvrait à peine, et alla retrouver la frontière. Faible, elle se tint debout, tremblait de tout son corps frêle. Là, sans que l’on puisse savoir comment, le chant le plus cristallin qui soit s’éleva par delà les collines et les plaines qui lui faisaient face. D’une beauté sans pareil, comme un ange descendu du ciel, le chant traversa l’espace pour frapper en plein cœur la princesse. Elle s’écroula comme foudroyée d’un éclair invisible…

à suivre 😉

Mary

16/02/2015

Un soir de décembre

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Ecriture pour un autre concours: thème « le cirque de minuit » devait apparaître dans le texte

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Les rues pavées de Londres sont humides par la brume du soir. Les lumières des boutiques s’éteignent tour à tour. Seuls les lampadaires veillent. Les pas résonnent, on se presse sans bruit. On murmure du bout des lèvres. Le vent du mois de décembre souffle, le visage des passants s’enfouit dans leurs lainages. Tous se dépêchent pour un seul but. On pressent l’excitation. Les yeux des enfants brillent de surprises, de joies. Des odeurs de pluies, de premiers flocons se mêlent à des odeurs de pop-corn sucré, de vins chauds, de barbes à papa…

Au fond de la ville, s’est installé pour le plus grand bonheur des habitants, « le cirque de minuit » Ces représentations tardives font l’objet d’une curiosité magique, fantastique. On accourt des quatre coins pour venir vivre un rêve d’enfant.

Sunny, jeune homme de 21 ans, béret enfoncé sur la tête, poings fermés dans les poches de son jeans, avance à pas feutré. Il se mêle à la foule, il se fraie un chemin parmi les épaules tassées dans leur manteau. Il a un rendez vous annuel qui ne doit absolument pas manquer ! Plus important que tout l’or du monde. Il se dépêche, marmonne des excuses aux passants qu’ils bouscule. Peu lui importe toute cette agitation festive, l’objet de son désir est bien plus beau…

Au détour d’une ruelle, il laisse la foule stationnée à la queue du guichet. Il arrive par derrière les grillages, devant lui se dresse un immense chapiteau blanc, fièrement placé en plein milieu de Richmond Park. Il fonce droit devant lui. Il connait le chemin. Il se dirige vers la roulotte bleue, celle qui porte un A doré sur le flanc gauche. Il frappe vigoureusement à la porte, s’adosse contre la carrosserie et attend. Un pied plié contre la parois. Il se frotte les mains pour les réchauffer. Il sort un paquet de cigarette, joue avec, avant de se décider à en fumer une. Il gratte une allumette. Protège généreusement la flamme de la bise hivernale.  Il tire une bouffée chaude. Le nuage de fumée qui s’échappe monte haut dans le ciel avant de disparaître dans la nuit noire. Nuages gaies qui s’épanouissent dans la nuit étoilée. Il observe le ciel. Le silence d’en haut contraste avec les échos de l’animation, au loin qui résonne. Soudain, la porte s’ouvre. Il sursaute, se redresse. Une jeune femme se tient debout dans l’encadrement. Mince, grande, svelte, avec de grands yeux bleus maquillés qui vous hypnotisent de son regard doux et innocent. Ses cheveux dressés en chignon serré, révèlent un visage gracieux et un cou délicat. Les paillettes sur tout le corps la rendent presque irréelle, sortie d’un conte de fée. Anna. Sa sœur cadette. Autrefois, elle vivait avec eux, dans leur misérable appartement pourri, humide, délabré, en face des Docks de St Katrine. Mais elle a eu de la chance. Elle a su rêver et s’évader de cette vie maussade et difficile que partage sa famille encore aujourd’hui. Désormais, elle est une virtuose qui plane au dessus de tous ces gens charmés par sa grâce et ses mouvements agiles, le temps d’un soir.

 Il monte les deux marches qui précédent le perron et l’entoure vivement de ses bras.

« Rentres, tu vas prendre froid. Cela fait un an déjà! Mais quel bonheur de te voir à nouveau, mon joli cadeau de Noël ! » lui murmure-t-il doucement à l’oreille.

Mary

modifié déc 2014

Histoire d’une âme (partie 1)

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Assise sur un rocher au bord de l’eau, par une belle fin de journée d’été, je me suis assoupie.
C’est alors que m’est apparue, {es-ce un songe, es-ce une réalité, je ne saurais le dire} une étrange créature ! Féminine, belle, d’une agréable douceur, elle  me conta une histoire. Je plongeais, soudain dans un passé qui ne m’était pas inconnu…
 
 Une  jeune femme, forte, qui avait dressé une sentinelle de fierté et d’arrogance, afin de garder en vie son âme guerrière. Elle voua sa destinée à parcourir le monde en quête de prouesses, avide de victoires. Aucun manant, aucun prince ne sus déjouer les remparts de cette humaine. Elle méprisait ceux qui l’approchaient, ne donnait sa confiance à quiconque.
Mais la vie joue de drôle de tour !
 
Dans une besace de cuir était refermé, le plus précieux de ces trésors, d’une valeur inestimable. Elle l’avait acquis lors de sa toute première croisade, sa première aventure. Elle l’avait enfermée pour le préservé, elle le portait autour de son cou et ne s’en défaisait jamais. Parfois, elle se hasardait à l’admirer en secret, discrètement, loin de tous regards indiscrets.
 
Pourtant, on l’observait !
Un homme était là. Il convoitait sans savoir exactement quoi : le trésor ou le cœur ?
Il tenta alors de la surprendre afin de gagner sa confiance. Il attendit le bon moment.
Elle arriva en une contrée en pleine conflit, voulu prendre part, choisis le camp des démunis, défendis de toute son énergie. Malheureusement, cette fois-ci, la quête était peine perdue. Première chute !
Elle tomba sous l’assaut, perdit conscience. C’est alors que le Valeureux intervint et la sauva d’une mort probablement certaine.
 
Dans un endroit, à l’abri du conflit qui faisait rage, il la déposa. Il se mit alors à l’observer lentement se réveiller. Perdu dans ses pensées, il ne savait plus s’il admirait le trésor ou la propriétaire. Il était troublé par ses nouvelles émotions, il était confus. Plus fort que lui, plus fort que son ambition, une force s’empara de lui. Il se sentait lié par cette jeune femme. Le destin les avait réunis.
 
De son demi-sommeil, la jeune femme se réveilla. Elle croisa alors le regard de son sauveur, sans connaître ce qui s’y cachait derrière ! Se produisit alors ce qui ne devait se produire, la sentinelle s’effondra. Elle l’admira, malgré sa force, ses yeux s’étaient remplis de gratitude et de douceur infinie. Elle lui permit de formuler une demande en échange de sa vie qu’il venait de sauver.
 
Et quelle demande fît-il ? Il n’hésita point ! Ce qu’il réclama c’est sans nul doute, de partager sa vie avec la sienne ! Une vie contre une vie dit-il ! Que ne fût la stupeur de la jeune femme ? Elle qui avait juré de vivre une vie solitaire, libre de tout sentiments, libre de toutes attaches, la voilà enchainée à cet inconnu !
« Je souhaite voir ce que contient ta besace ! Laisse-moi également contempler ce Trésor unique. »
 
Malgré sa surprise, la jeune femme n’émit pas d’objections et s’exécuta. Elle défit les lacets qui serraient la besace et en sortis une gemme de lumière. C’était si doux à voir, si reposant, si magique que l’homme en resta subjugué. Lorsque la démonstration fût finis, il en resta insatisfait.
Ils reprirent la route, décidant de quitter la contrée dévastée. Ils marchaient la journée durant pour ne se reposer que la nuit tombée. Et chaque nuit, l’homme veillait assis, harassé, tourmenté, sans savoir comment remédier à ses maux.
 
Un jour, un fleuve fit face à leur route. Epuisés par ces longues journées de marches, le jeune homme proposa que chacun son tour, irait se laver, pendant que l’autre veillerait sur les affaires. Il plongea le premier et ne s’éternisa point. Lorsque ce fût le tour de la jeune femme, il insista pour qu’elle prenne son temps, qu’elle profite de ce cadeau généreux de la nature. Il lui pria alors de lui faire confiance et de lui laisser également sa besace…
 
Il la serra tout prés de son cœur, ce précieux trésor était enfin à lui. Il comprit alors l’objet de toutes ces tourmentes et ne réfléchissait plus longtemps. Il décida de tout quitter, la besace avec lui. S’enfuir sans remords ! La jeune femme finit sa toilette et sortit de l’eau, fût choquée par le spectacle qui lui faisait face. Ses vêtements seuls, son compagnon et son trésor s’était dérobés
 
Perdue, seule, la femme erra pendant plusieurs jours jusqu’à se retrouver dans une forêt sombre et sinistre. Elle se mit alors à chanter une complainte :
 

« Grande muraille fût brisée par le plus fin des vents
 Il souffla doucement sans crier gare !
Une faille s’ouvrit, et ce vent chaud s’immisça
Lentement, s’empara du cœur de cette cité
Et s’enfui comme un voleur, loin de ses yeux en pleurs
Un Mal s’est extirpé de la douceur
Un Bien était caché derrière la douleur
Et la cité pleure et pleure encore
Cette âme affligée, peinée, blessée
Meurtrie, tapie dans l’ombre
Elle gémit, désormais assoiffée
D’une source à peine connue »

 
Soudain, elle fît face à un escalier. Elle ne réfléchit point, et monta les marches, une à une. Elle se retrouva devant une place immense, marbrée, couverte de neige blanche ; vide. Elle s’avança et remarqua alors, qu’il se trouvait au fond de cette place, une ombre, immobile. Plus elle s’en approchait, et plus elle pouvait distinguée une forme rectangulaire. Quand elle arriva enfin devant l’objet, elle en resta stupéfaite. Son souffle se coupa. Un spectacle effrayant et irréel s’offrait à elle. Son esprit tourbillonnait, elle était au bord du vertige. Ses jambes fléchirent, son corps lâcha prise. Elle s’écroula, inerte, face au Miroir sans reflet…

 

Mary

01/2014